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Écho-Mer

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[ pédagogie ] Les conteneurs tombent à la mer.

A l'heure actuelle ou près de 80% des échanges mondiaux ont lieu par voie maritime, la plupart de ces échanges se font par des conteneurs chargés sur des navires spécialisés de plus en plus grand ou le nombre de « boîtes » se compte maintenant par dizaine de milliers EVP (« équivalent vingt pieds » qui correspond à un conteneur standard). On arrive ainsi aujourd'hui a faire venir un écran plat d'Asie jusqu'en Europe pour un coût d'environ 1€ par pièce.

Il arrive fréquemment que l'opinion publique soit informée de la perte de conteneurs, notamment en cas de tempête lors de pertes importantes et surtout si les « boîtes » contiennent des marchandises dangereuses que l'on risque de retrouver à un moment ou un autre sur le littoral (détonateurs, produits chimiques, etc.). Par contre ce que l'on sait moins c'est que, d'après les rapports des experts du transport maritime, il y a environ 10 000 conteneurs tombant à la mer chaque année. Ce chiffre est d'autant plus inquiétant quand on sait qu'un conteneur tombé à la mer va continuer à flotter pendant encore 3 mois à compter de sa chute, cette durée moyenne est bien évidemment variable selon la cargaison contenue. Il y aurait donc environ 2500 conteneurs qui se promènent en même temps sur les océans du globe, et plus particulièrement à proximité des routes maritimes les plus fréquentées.

Pourquoi un tel chiffre de pertes de conteneurs: les facteurs les plus souvent repertoriés sont liés à des mauvais arrimages de conteneurs, soit entre eux, soit avec le pont, ou encore à des problèmes de saisissage. De plus les expertises ont démontré que, sur certains navires, les plans de chargement ne respectaient pas les prescriptions du « Cargo Securing Manual » qui impose certaines précautions évidentes. Parmi ces non respects on relève des hauteurs trop importantes de piles de conteneurs, des poids excessifs de conteneurs (le poids réel est très fréquemment inférieur au poids déclarée), des chargements de conteneurs non standardisés, la vétusté des verrous et des embases servant à l'arrimage des conteneurs entre eux (twistlocks), et autre problèmes de stabilité. Ces facteurs, qui peuvent bien évidemment être cumulés, deviennent prépondérants pour précipiter un ou des conteneurs à la mer surtout en cas de mauvais temps.Le vent violent, et ce n'est pas rare en mer, est ainsi capable d'exercer une force de plus de 3 tonnes sur un conteneur de 40 pieds. Sur une pile de 5 conteneurs, ce qui est fréquent, la force totale exercée est donc de plus de 15 tonnes. On comprend donc que si les conteneurs ne sont pas bien arrimés et saisis le premier coup de roulis significatif va entraîner une pile complète, au minimum, vers les eaux marines.Dans les cas les plus significatifs ce sont des pans entiers de conteneurs qui basculent et tombent à la mer.

A la lecture de ce qui précède, on ne peut que conseiller aux marins d'être vigilant lors de leur navigation. Il y a plusieurs siècles, la hantise des marins était de rencontrer une baleine ou un cachalot. Aujourd'hui, et alors que ces cétacés sont en voie de diminution inquiétante, la principale crainte des marins est la rencontre avec une « boîte » tombée d'un porte-conteneurs géant et égarée sur une route maritime généralement très fréquentée. Drôle de planète.

Frédéric Demangeot



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