Quercus Suber L., de son nom latin, couvre une aire naturelle relativement limitée. On le trouve sur le bassin méditerranéen et la côte atlantique : Portugal, Espagne, Maroc, Tunisie et Italie. En France, il se plaît en Corse, dans le Var, dans les Pyrénées orientales et dans les Landes mais il ne représente que 0,5 % de nos forêts contre près du quart des forêts portugaises !
Bien sûr il se distingue par son épaisse écorce liégeuse qui lui a donné son nom* et celui des forêts qu’il constitue : les suberaies. Ces dernières peuvent être de vastes espaces forestiers avec une densité moyenne de 80 à 120 arbres par hectare, ou bien des champs de pâturage, ou de brousse parsemés d’arbres. Le feuillage du chêne liège est quant à lui pseudo-persistant, ses feuilles de l’année tombant au moment du débourrement des nouvelles feuilles.
C’est une essence qui apprécie les climats doux (températures moyennes annuelles de 12°C à 19°C) c’est la raison pour laquelle on la retrouve sur la façade sud atlantique où l’influence de l’océan tempère l’aridité des températures estivales. Héliophile, il se plaît à la lumière, accepte l’humidité mais déteste les sols calcaires. Ses exigences écologiques en font une espèce présente uniquement sur une zone géographique restreinte. Néanmoins, il est probable que le dérèglement climatique que nous connaissons l’amène, comme beaucoup d’espèces, à remonter plus au nord.
Le chêne liège joue un rôle essentiel dans la biodiversité en tant qu’espèce minoritaire et grâce à la variété des végétaux et animaux dont il favorise la présence. De plus son écorce épaisse est un frein à la propagation des incendies. Enfin le Département de la Santé des Forêts et l’Institut National de la Recherche Agronomique ont prouvé l’effet bénéfique de la présence de feuillus sur les attaques parasitaires du Pin Maritime. Le Chêne Liège peut également constituer une alternative au Pin dans les zones infestées par l’armillaire, les deux essences étant sensibles à des variétés différentes de ce champignon. Ces caractéristiques expliquent la réflexion que mènent actuellement les sylviculteurs landais au sujet de la réimplantation du chêne liège dans la forêt des Landes qui souffre de la monoculture du Pin Maritime.
Les forêts jouent un rôle primordial dans la lutte contre le réchauffement climatique. En effet, tant qu’ils sont en croissance, les arbres absorbent du carbone grâce à la photosynthèse. La forêt française est un puits de carbone car elle séquestre plus de gaz carbonique qu’elle n’en émet grâce à une gestion durable. Et la culture du chêne liège, notamment la levée de son écorce, permet à l’arbre d’absorber 2 à 4 fois plus de CO2 qu’une autre espèce.
Autant de raisons de regarder avec bienveillance les différentes initiatives menées en France pour développer la culture du chêne-liège et pour retrouver un savoir-faire, perdu au milieu du XXème siècle, au profit de nos voisins espagnols et portugais, notamment en raison d’une main d’œuvre meilleure marché.
*Quercus (chêne) Suber (liège)
Sources : leliegegascon.org – planeteliege.com
Commentaires